A propos de la publication Repenser l’énergie / Denk-Schrift Energie
(une publication des quatre Académies suisses des sciences)
Prise de position du sous-comité pour la science du Forum nucléaire suisse
Perspectives pour l’énergie nucléaire
(Berne, le 10 janvier 2008) Le Forum nucléaire suisse se félicite de la parution de «Repenser l’énergie», une publication des quatre Académies suisses des sciences. Celles-ci lancent un appel pour que soient prises toutes les mesures permettant de réduire efficacement les rejets de CO2 sans que notre niveau de vie s’en trouve diminué pour autant. Les Académies constatent qu’un renoncement à l’énergie nucléaire constituerait une entrave pour la politique climatique. L’énergie nucléaire est toutefois encore plus importante pour l’approvisionnement énergétique futur de la Suisse que ce que présente la publication «Repenser l’énergie».
Les émissions de CO2 et leurs répercussions possibles sur notre climat, les rejets de substances nocives dans l’atmosphère surtout, les réserves limitées, les risques géo-politiques de l’extraction des matières premières et leur transport, ainsi qu’une évolution des prix difficilement contrôlable, comptent parmi les problèmes majeurs entraînés par une consommation élevée d’agents énergétiques fossiles. Tout ceci n’est pas nouveau, et les problèmes cités sont connus depuis longtemps par les spécialistes. Ce qui est nouveau, c’est simplement la prise de conscience de leur caractère d’urgence par les milieux économiques et politiques, et par l’opinion publique.
Les Académies soulignent avec de bonnes raisons la nécessité de prendre des contre-mesures efficaces sans que ceci entraîne une baisse de notre niveau de vie et une détérioration de la bonne santé de notre économie. Et les Académies de citer une vaste palette des mesures possibles. Ce qui manque, ce sont la quantification du potentiel de réduction du CO2, l’horizon dans le temps, et les coûts de la réalisation dans la pratique.
En Suisse, comme d’ailleurs en France et en Suède, l’électricité est aujourd’hui un agent énergétique pratiquement exempt de CO2. Si, à la place de ses centrales nucléaires, la Suisse était équipée de centrales produisant de l’électricité par combustion d’agents énergétiques fossiles, les émissions totales de CO2 seraient supérieures d’environ 20% même en cas d’utilisation de technologies modernes, ce que les Académies admettent aussi. S’il arrivait un jour qu’en plus de la production nucléaire nationale, l’électricité importée de centrales nucléaires françaises doive être couverte par des combustibles fossiles, nous nous verrions confrontés à une hausse des émissions totales de CO2 de 30 à 40%, ce qui serait contraire à la raison et à tous les objectifs politiques visés.
Politique climatique crédible seulement avec l’énergie nucléaire
Le recours aux sources d’énergie renouvelables et l’utilisation efficace de l’énergie sont souhaitables au plus haut point. Il faudra toutefois encore beaucoup de temps et d’immenses efforts de développement jusqu’à ce que de nouveaux agents énergétiques soient en mesure de réduire sensiblement notre dépendance d’agents énergétiques fossiles. Contrairement aux technologies – en partie encore au stade de la recherche et du développement – que les Académies mettent en avant comme solution du problème climatique, la technique nucléaire est actuellement disponible à l’échelle industrielle, fait l’objet de travaux de développement internationaux et a fait ses preuves dans la pratique depuis des décennies. Les formes d’énergie renouvelables ont plus à gagner qu’à perdre avec l’énergie nucléaire: l’utilisation responsable de l’énergie nucléaire fait profiter notre économie nationale de prix de l’électricité calculables, des moyens financiers sont mis à disposition pour la recherche sur l’énergie, et enfin et surtout, on gagne aussi du temps pour le développement de solutions nouvelles.
La part de l’énergie nucléaire dans la production mondiale d’électricité, part de presque 16%, est considérable, ce pourcentage atteignant quelque 24% dans les pays du G8 et environ 40% en Suisse. L’utilisation mondiale de l’énergie nucléaire empêche l’émission d’une quantité de CO2 au moins égale à celle que vise le Protocole de Kyoto. A l’heure actuelle, l’énergie nucléaire n’est employée que pour la production d’électricité. Mais des concepts futurs de réacteurs pourront aussi servir, en cas de besoin, au découplage de chaleur ou à la production d’hydrogène. A plus long terme, l’énergie nucléaire fournira aussi une contribution à la réduction du CO2 dans les domaines de la mobilité, du chauffage ou de la production de chaleur industrielle.
Contact:
Max Rudolph, Forum nucléaire suisse
tél.: 031 560 36 50 e-mail: max.rudolph@nuklearforum.ch
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