Rolf Schweiger – président de l'association Aves («Aktion für vernünftige Energiepolitik Schweiz») et conseiller aux Etats du canton de Zoug jusqu'en 2011 – explique pourquoi, selon lui, un revirement du tournant énergétique en direction d'un retour au nucléaire en Suisse est tout sauf improbable. Cet article a été publié dans le rapport annuel 2011 du Forum nucléaire suisse.
Au cours de l'hiver 2011/12, la Nagra a fait effectuer des mesures sismiques dans les régions d'implantation potentielles des dépôts profonds, ce qui lui a permis de récolter des connaissances approfondies sur le sous-sol géologique. Ces données seront utilisées pour l'analyse de sécurité provisoire prévue à l'étape 2 du plan sectoriel «Dépôts en couches géologiques profondes».
La conférence sur le climat qui s'est tenue à Durban en décembre 2011 a souligné la nécessité d'agir de toute urgence sur la problématique des gaz à effet de serre. Désormais, les nouvelles annonces préoccupantes des scientifiques quant aux tendances climatiques s'ajoutent aux déclarations d'intention déjà connues des politiques.
La précipitation n'est pas toujours bonne conseillère: la décision politique d'une sortie du nucléaire par la Suisse a été prise sans analyse préalable sérieuse des causes ayant conduit à l'accident de réacteur de Fukushima-Daiichi. Or il s'avère que les centrales nucléaires suisses et leur culture sécuritaire ne sont en rien comparables avec les usages au Japon. Les installations de la Suisse ont été planifiées avec davantage de prudence et rééquipées de bonne heure, et le niveau qu'elles ont atteint en termes de sécurité technique est très élevé. Cette preuve des performances et de la sûreté de l'énergie nucléaire en Suisse fait l'objet d'une reconnaissance unanime à l'échelle internationale. C'est là la conclusion d'un colloque professionnel organisé par le Forum nucléaire suisse sur les enseignements tirés de Fukushima.
En Grande-Bretagne, les préparations en vue de la construction de nouvelles centrales nucléaires battent leur plein. Les premiers sites sont en cours d'exploitation et d'autres font encore l'objet d'investigations. Les électriciens sont prêts à intervenir et sont en contact avec les fournisseurs potentiels, tandis que l'industrie nucléaire britannique s'attaque en parallèle au renforcement des capacités requises en personnel.
En mai et septembre 2011, des délégations de la Young Generation (YG) et de la Société suisse des ingénieurs nucléaires (SOSIN) ont effectué des voyages d'études à la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl, à l'arrêt suite à l'explosion de sa tranche 4 il y a 25 ans. Les personnes présentes ont ainsi pu constater sur place l'état actuel du site.
Le nouveau Parlement s'en tiendra probablement à la décision prise de sortie du nucléaire, mais la nouvelle législature est à l'ère de choix majeurs en matière de politique énergétique. La sphère politique devrait ainsi davantage se consacrer à l'organisation de conditions générales efficaces qu'au choix et à l'encouragement de technologies ciblées.
Les projets de la Pologne en matière de nucléaire, en stand-by depuis l'accident de Tchernobyl, ont été remis à l'ordre du jour en 2005 par le gouvernement polonais. Le pays souhaite ainsi réduire sa dépendance au charbon ainsi que ses émissions de CO2, et projette de construire deux centrales nucléaires équipées chacune de deux ou trois réacteurs. Le projet est déjà sur les rails: les sites d'implantation doivent être choisis d'ici fin 2011 et les premiers appels d'offres sont lancés. La Pologne s'attaque également à la question de l'évacuation des déchets.
En matière de nouveaux projets nucléaires, la Grande-Bretagne connaît une situation pour ainsi dire aussi faste que lorsqu'elle avait introduit le nucléaire commercial voici un demi-siècle environ. L'accident de Fukushima-Daiichi a conduit à un contrôle de la sûreté des réacteurs. Et les projets ont désormais le vent en poupe: des chantiers seront lancés prochainement sur huit sites, car le pays entend réduire de manière draconienne ses émissions de CO2 et éviter la menace d'une pénurie de courant. La coalition au pouvoir et l'opposition sont d'accord sur ce point et ont récemment donné leur feu vert. Les premiers investisseurs sont annoncés.
L'étude Canupis (Childhood Cancer and Nuclear Power Plants in Switzerland) n'a pas trouvé de preuves de l'augmentation du risque de cancer chez les enfants nés au voisinage des centrales nucléaires en Suisse. Cette étude de longue durée porte sur tous les enfants nés en Suisse depuis 1985. Canupis a été menée par l'Institut de Médecine Sociale et Préventive (ISPM) de l'Université de Berne en collaboration avec le Registre Suisse du Cancer de l'Enfant, le Groupe d'Oncologie Pédiatrique Suisse et d'autres services de recherche.
La Chine a fortement poussé de l'avant son programme d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire et a créé une industrie nucléaire commerciale enregistrant le taux de croissance le plus élevé du monde. D'où la position de pointe du pays au niveau de la construction, de la recherche et de la conception. Ajouté à sa volonté d'appartenir à la communauté nucléaire internationale, la Chine se prépare à jouer un rôle de leader dans la construction d'installations nucléaires et en matière de génie nucléaire. Voilà les conclusions que William Fork, avocat spécialisé dans les projets et les infrastructures énergétiques du cabinet de Pillsbury, a exposées dans son allocution présentée dans le cadre du «Princeton-Harvard China and the World Program» à l'université américaine de Princeton. Dans l'interview réalisée ci-après par l'agence internationale de nouvelles nucléaires NucNet, William Fork et son collègue Li Zhang présentent les tendances majeures du programme nucléaire chinois.
Lors de la conférence annuelle Kerntechnik 2011 du Forum nucléaire allemand (DAtF), organisée du 17 au 19 mai 2011 à Berlin, les événements survenus à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi lors du séisme et du tsunami du 11 mars dernier ont occupé l'avant de la scène au même titre que les enseignements pouvant en être tirés. Etant donné que l'Allemagne s'active pour l'heure à prendre de nouvelles décisions politiques sur l'avenir du nucléaire dans le pays, les organisateurs de la conférence ont renoncé cette année à une partie du programme qui, sinon, reprendrait les discussions des politiques et de la société. Le scepticisme de l'Allemagne envers l'énergie nucléaire a néanmoins été l'un des thèmes soulevés dans l'allocution d'ouverture de Ralf Güldner, président du DAtF: il a comparé les centrales nucléaires allemandes aux installations de Fukushima en faisant état des conséquences d'une politique d'abandon irréfléchie.
Il y a peu d'événements majeurs qui auront autant remué de nombreuses personnes que la cadence tragique des catastrophes environnementales qui ont frappé le Japon en mars. Mais l'intérêt global manifesté par les internautes n'a cependant été que de courte durée, comme le montrent les analyses suivantes.
L'assemblée annuelle 2011 du Forum nucléaire suisse qui s'est déroulée le 5 mai 2011 à Berne a drainé quelque 150 participants des milieux politiques, économiques, scientifiques et administratifs et a été consacrée pour l'essentiel à l'opinion publique en matière d'énergie nucléaire. Sur fond des événements à Fukushima, les participants ont abordé le mode de communication de l'Allemagne, le traitement du sujet dans les médias suisses et les moyens d'exercer une influence politique en la matière. Des critiques ont, en l'espèce, été adressées aux médias et aux milieux politiques.
L'accident de réacteur survenu à la centrale nucléaire de Fukushima des suites d'un tsunami a déclenché à son tour un tsunami médiatique dans le monde entier. Toutefois, la vague des nouvelles n'a pas frappé partout aussi fort qu'en Suisse.