16.02.2017

Exposition aux rayonnements résultant de la production d’électricité: le charbon est devant le nucléaire

L’utilisation du charbon à des fins de production d’électricité contribue davantage à l’exposition au rayonnement de la population que l’énergie nucléaire. Telles sont les conclusions du dernier rapport du United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation (Unscear).

Dans son étude publiée début février 2017, l’Unscear s’est penché sur l’exposition au rayonnement résultant des différentes méthodes de production d’électricité. Ainsi, les libérations tout au long du cycle de vie ont été prises en compte, depuis l’extraction des ressources naturelles jusqu’à la gestion des déchets ou leur retraitement, en passant par la production d’électricité. Les agents énergétiques suivants ont été passés en revue: biomasse, charbon, énergie nucléaire, éolien, gaz, géothermie, pétrole, et solaire. Compte tenu des données à disposition, l’énergie nucléaire et le charbon ont fait l’objet d’un examen plus poussé.

D’un point de vue général, l’Unscear a qualifié les doses de rayonnement issues de la production d’électricité de réduites. Si on compare les différentes méthodes de production, près de la moitié de l’exposition au rayonnement est imputable au charbon. D’après l’Unscear, l’énergie nucléaire représente moins d’un cinquième du total. Exprimé en doses collectives, cela signifie qu’en raison de l’utilisation du charbon, la population cumule sur une période de cent ans entre 670 et 1400 personnes-sieverts, selon si les réacteurs pris en compte sont des réacteurs modernes (valeur plus basse) ou anciens. L’Unscear estime cette valeur à 130 personnes-sieverts pour l’énergie nucléaire, à 55 personnes-sieverts pour le gaz, entre 5 et 160 personnes-sieverts pour la géothermie, et à 0,03 personne-sievert pour le pétrole.

Afin de permettre une meilleure comparaison, les spécialistes ont calculé les doses collectives par GW installé pour l’année de référence 2010. Cette dose collective normalisée est comprise entre 0,7 et 1,4 personne-sievert par GW pour le charbon et à 0,43 personne-sievert pour le nucléaire. Les impacts des radionucléaires à longue durée de vie qui apparaissent dans le cadre de l’utilisation de l’énergie nucléaire n’ont pas été pris en compte dans les chiffres. L’énergie nucléaire obtient également de meilleurs résultats que le charbon si l’on considère ces effets sur une période de 500 ans.

L’étude ne portait pas sur les conséquences des accidents nucléaires. La commission renvoyait ici aux rapports propres aux accidents de Tchernobyl et de Fukushima-Daiichi.

Source: 
M.B./C.B. d’après l’Unscear 2016 Report, «Sources, effects and risks of ionizing radiation», publié en janvier 2017