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18.09.2012

Le gouvernement japonais annonce une sortie progressive du nucléaire

Le 14 septembre 2012, le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a annoncé que le gouvernement japonais prévoyait de sortir progressivement du nucléaire. Ainsi, aucune autre nouvelle centrale ne sera construite, et les centrales en service seront déconnectées au plus tard dans 40 ans. 

Le projet de nouvelle stratégie énergétique du Japon prévoit un abandon progressif de l’énergie nucléaire. La durée d’exploitation des centrales en fonctionnement sera limitée au maximum à 40 ans, ce qui signifie que la dernière tranche nucléaire, mise en exploitation en 2009, sera déconnectée du réseau en 2049. Noda a cependant fait savoir que le projet devrait permettre la mise en œuvre de la sortie du nucléaire «d’ici la fin des années 2030». Il est également prévu que la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique passera à 30%, et que les importations de pétrole, charbon et gaz seront maintenues dans un futur prévisible. 

Remise en service des tranches existantes

Noda a précisé que les 50 tranches fonctionnelles du pays, toutes soumises à des contrôles de sûreté supplémentaires suite à l’accident de Fukushima-Daiichi, seraient reconnectées au réseau dans la mesure où elles satisfont à ces contrôles et où les autorités compétentes donnent leur feu vert. Deux tranches avaient ainsi été remises en service à l’été. Noda ne s’est cependant pas exprimé sur les deux réacteurs actuellement en cours en construction (Shimane 3 et Ohma), mais le 15 septembre, le ministre japonais de l’Economie et de l’Industrie, Yukio Edano, a indiqué qu’ils seraient achevés.

Suite à l’accident de réacteur de Fukushima-Daiichi, le gouvernement japonais avait décidé de lancer un débat au niveau national concernant l’approvisionnement énergétique du Japon dans le futur. Trois scénarios ayant pour objectif de garantir l’indépendance du pays vis-à-vis de l’énergie nucléaire avaient été étudiés: le premier prévoyait une part du nucléaire dans le mix énergétique comprise entre 20 et 25%, le second une part de 15%, et le troisième une sortie complète du nucléaire à l’horizon 2030.

Critiques des milieux économiques

Le «Nippon Keidanren», la Fédération des organisations économiques japonaises, avait émis des critiques à l’encontre du projet de la nouvelle stratégie énergétique, les points clés qui le composent ayant été divulgués déjà avant le 14 septembre. Hiromasa Yonekura, président du Keidanren, a expliqué que pour le bien de la croissance économique japonaise, il fallait impérativement que les différentes sources d’énergie soient conservées dans le pays, et soient développées. Un abandon total du nucléaire serait à la fois irréaliste et irréalisable. Selon lui, les avantages et les inconvénients des trois scénarios doivent être étudiés sous des angles objectif et économique. 

Source: 
M.A./C.B. d’après un discours du Kantei et NucNet du 14 septembre, ainsi qu’une déclaration de Hiromasa Yonekura du 10 septembre 2012