16.03.21

«La Suisse doit défendre sa souveraineté en matière de politique énergétique.»

Le Forum nucléaire suisse demande à la conseillère nationale Simonetta Sommaruga de clarifier des déclarations du ministère fédéral allemand de l’Environnement.
Le Forum nucléaire suisse critique une prise de position publiée par le ministère fédéral allemand de l’Environnement le 11 mars dernier, concernant l’achèvement de la sortie du nucléaire en Allemagne, dans laquelle l’autorité demande indirectement à la Suisse d’abandonner, elle-aussi, l’atome. Le président du Forum nucléaire suisse, Hans-Ulrich Bigler, et le secrétaire générale, Lukas Aebi, ont demandé à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga de s’exprimer sur ces déclarations.

«Il convient de rappeler qu’en mai 2017, lors d’une votation populaire organisée dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050, le peuple suisse s’est clairement prononcé en faveur de la poursuite de l’exploitation des centrales nucléaires suisses aussi longtemps que celles-ci sont sûres», ont indiqué Hans-Ulrich Bigler et Lukas Aebi dans leur courrier à l’intention de Simonetta Sommaruga. Le Forum nucléaire suisse estime qu’il est important d’insister, une nouvelle fois, auprès de la ministre fédérale allemande, sur la souveraineté démocratique de la Suisse en matière de politique énergétique nationale.
 
Dans sa prise de position, le ministère allemand de l’Environnement estime que son action pour la sortie du nucléaire en Allemagne fin 2022 est «loin d’être terminée». Selon lui, les travaux se poursuivent activement. «Des risques nucléaires subsistent, nécessitant des mesures cohérentes: en Allemagne, en Europe, et dans le reste du monde», peut-on lire dans le document, qui précise également que la poursuite de l’utilisation de l’énergie nucléaire à l’étranger n’est pas dans l’intérêt de l’Allemagne.
 
«De toute évidence, le ministère allemand pense pouvoir exercer une pression sur ses voisins qui étudient l’exploitation à long terme de leurs réacteurs dans le cadre de leur politique énergétique et climatique nationale, et avoir son mot à dire dans les affaires de politique intérieure de ces derniers, dans l’objectif d’imposer l’arrêt anticipé des installations nucléaires en exploitation en Europe. La Suisse ne saurait accepter cela», a déclaré le président du Forum nucléaire suisse. Concernant, en particulier, l’exploitation à long terme, il convient d’expliquer à la ministre allemande Svenja Schulze que l’examen permettant de déterminer si les installations suisses satisfont les exigences de sécurité élevées requises incombe à l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), et à elle seule, et pas au ministère allemand de l’Environnement.
 
Pour justifier sa position, le ministère allemand explique que les risques associés au nucléaire ne s’arrêtent pas aux frontières. «Le peuple suisse ne serait-il alors pas en droit de prendre part aux décisions de la politique énergétique allemande, notamment concernant le report de la sortie du charbon en raison de la sortie du nucléaire?», interrogent MM. Bigler et Aebi. L’exploitation des centrales au charbon allemandes est critique pour l’environnement, et impacte fortement le bilan climatique européen. Le report de la sortie du charbon entraînerait l’émission de millions de tonnes de dioxyde de carbone supplémentaires, néfastes pour le climat, de même qu’une augmentation de la pollution atmosphérique en raison des poussières fines et d’autres oxydes. «Or il se trouve que la pollution atmosphérique générée par l’exploitation à long terme des centrales au charbon allemandes ne s’arrête pas aux frontières», ont souligné MM. Bigler et Aebi.
 
 
La prise de position du ministère fédéral allemand de l’Environnement intitulé «12 Punkte für die Vollendung des Atomausstiegs» est disponible ici.
 

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