Arrêt définitif de Barsebäck 1

La tranche suédoise avec réacteur à eau bouillante de 600 MW de Barsebäck 1 a été mise à l'arrêt définitif le 30 novembre 1999.

29 nov. 1999

En contrepartie de cet arrêt motivé par des considérations politiques, Sydkraft, la propriétaire de l'installation, reçoit une capacité de production d'électricité équivalente de la compagnie nationale d'électricité Vattenfall. Concrètement, cela signifie que les centrales nucléaires de Barsebäck et de Ringhals (cette dernière appartient à Vattenfall) fusionnent pour former une seule entreprise de production. Sydkraft participera pour 25,8% à cette société, et Vattenfall pour 74,2%. La transaction coûtera au gouvernement l'équivalent de 1,1 milliard de francs suisses environ, dont 500 millions seront versés en espèces à Vattenfall dans les quatre prochaines années. Le surplus de dépenses que devra supporter la nouvelle société du fait de l'unique exploitation de Barsebäck 2 et de l'arrêt de Barsebäck 1 fera l'objet d'une indemnisation de 600 millions de francs suisses, dont 75 millions seront payés dans la première année. De plus, Sydkraft versera à Vattenfall une somme de quelque 20 millions de francs suisses par an pour les coûts de production de Barsebäck légèrement plus élevés que ceux de Ringhals.

Barsebäck 2 continuera d'être exploitée sous la direction de la nouvelle société de production Ringhals/Barsebäck. Si cette tranche devait être arrêtée elle aussi pour des raisons politiques - aucune date n'est donnée à ce sujet dans la déclaration commune de Sydkraft, de Vattenfall et du gouvernement suédois - la part de Sydkraft dans la nouvelle société passerait à 30%. Vattenfall recevrait dans ce cas une indemnisation financière supplémentaire de la part de l'Etat. La transaction doit encore être approuvée par le parlement suédois au printemps prochain, et les actionnaires de Sydkraft sont convoqués à une assemblée extraordinaire avant Noël pour voter sur les propositions faites.

La fermeture de Barsebäck 1 après 24 ans seulement de couplage au réseau a été sévèrement critiquée par des représentants de l'industrie et par des employés des sociétés d'électricité. L'Union des centrales suédoises d'électricité a qualifié cette fermeture de décision politique incompatible avec la politique environnementale nationale, décision qui ne fait par ailleurs l'objet d'aucun soutien de la part de la population. Selon un sondage réalisé cet été, 16% seulement de la population suédoise est favorable à la décision du gouvernement d'arrêter prématurément les centrales nucléaires; 82% souhaitent la poursuite de l'exploitation des douze tranches nucléaires du pays. Nils Andersson, président de l'Union des centrales suédoises d'électricité, a déclaré ce qui suit à propos de l'impact négatif sur l'environnement de la fermeture de Barsebäck: "Les efforts intenses fournis par la Suède concernant des questions environnementales ont été fructueux et ont été cités en exemple au niveau international. Les rejets de dioxyde de carbone provenant de la production d'électricité atteignent aujourd'hui un cinquième seulement de ceux de 1970, tandis que la consommation d'électricité a doublé au cours de la même période. Le gouvernement est malheureusement en train de mettre en oeuvre une décision qui va dans le sens contraire et qui va se traduire par une augmentation radicale des rejets dans l'environnement."

Le déficit de production d'électricité de Barsebäck 1 auquel il faut désormais s'attendre s'élèvera à plus de quatre milliards de kWh par an. Cette perte devra être compensée en premier lieu par l'importation d'électricité de centrales danoises et allemandes au charbon. Les rejets de dioxyde de carbone de la Suède vont donc augmenter indirectement de quatre millions de tonnes par an, soit de 10% environ - ce qui est en contradiction grossière avec les obligations internationales de diminution des rejets de gaz à effet de serre, conformément au Protocole de Kyoto. Dans une lettre ouverte, les employés de centrales suédoises d'électricité ont par ailleurs exprimé leur crainte que cette décision de fermeture n'entraîne une fuite de cerveaux à l'étranger. "Nous n'avons plus foi en l'avenir", peut-on encore lire dans cette lettre.

Source

M.S./C.P. d'après des communiqués de presse de Sydkraft, de Vattenfall, du gouvernement suédois et de l'Union des centrales suédoises d'électricité du 30 novembre 1999

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