Autre utilisation potentielle de la technique d’irradiation SIT

La mouche Philornis downsi a été introduite aux Galapagos de manière involontaire et met sérieusement en péril la survie de plusieurs oiseaux des îles. Afin de réduire l’impact de ces mouches, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) soutient un projet de recherche multi-institutionnel qui permet d'étudier la biologie et l'écologie de ce nuisible encore mal connu. Parallèlement, des travaux de recherche sont menés pour trouver des méthodes destinées à lutter contre l’insecte de manière efficace et respectueuse de l’environnement.

28 févr. 2020
Paola Lahuatte effectue des travaux sur des larves de la mouche Philornis au laboratoire de la Fondation Charles Darwin.
Paola Lahuatte effectue des travaux sur des larves de la mouche Philornis au laboratoire de la Fondation Charles Darwin.
Source: L.D. Lalova / CDF

Les îles Galapagos, l’archipel qui, d'après Darwin, est associé à la théorie de l’évolution par la sélection naturelle, sont le symbole vivant de la diversité des espèces endémiques. Or aujourd’hui, au moins 20 espèces d’oiseaux indigènes - dont plusieurs espèces des pinsons de Darwin – sont menacées en raison de la mouche parasitaire Philornis downsi. Afin de protéger l'écosystème unique de l’île, l’AIEA apporte son soutien aux experts équatoriens dans l’analyse de la biologie fondamentale et reproductive de ce type de nuisible. L'objectif est d’élever des mouches en laboratoire et de développer des méthodes tests pour les éradiquer. Le tourisme croissant – actuellement 225’000 visiteurs chaque année – a entraîné l’apparition de la Philornis downsi, une mouche non indigène rapportée sur l’île dans les valises de visiteurs.

«L'invasion rapide et accélérée du parasite met aujourd’hui en péril la conservation à long terme des espèces d’oiseaux établis sur les Îles Galapagos», expliquait Paola Lahuatte, responsable du laboratoire Philornis de la station de recherche de la Fondation Charles Darwin sur les Îles Galapagos. «À l’état de larve, la mouche se nourrit de sang de jeunes oiseaux sans défense, ce qui provoque une anémie, des modifications morphologiques du bec (impact sur la capacité à s’alimenter) et conduit souvent à la mort. Le large spectre d’hôtes, la capacité d'adaptation et le manque de prédateurs naturels ont conduit à ce que le parasite atteigne aujourd’hui un niveau très élevé, et on enregistre des pertes considérables de jeunes oiseaux dans les nids chaque année».

Vingt espèces d’oiseaux menacées

À ce jour, le nuisible a infecté une vingtaine d’espèces d’oiseaux présents uniquement à cet endroit du globe. Ainsi, le géospize des mangroves, déjà menacé de disparition, appartient aux espèces les plus vulnérables faces au Philornis. Aujourd'hui, moins de 100 individus sont présents dans leur habitat naturel.

À la demande du gouvernement équatorien, l’AIEA a organisé en juin 2018 une rencontre internationale destinée à trouver des solutions pour faire face à la menace croissance de la faune indigène des Îles Galapagos. Avec des experts internationaux et des scientifiques partenaires, des groupes d'intérêts nationaux ont également pris part à la rencontre, parmi lesquels des représentants de la direction du Parc national des Galapagos et de la Fondation Charles Darwin. Les participants étaient unanimes sur le fait que l’association d’insecticides spécifiques et d’une reproduction en captivité des espèces les plus fortement menacées pouvait constituer une stratégie provisoire, en attendant que d’autres technologies – telles que celle de la technique dite de l’insecte stérile (SIT) – soient développées et puissent être utilisées contre la mouche Philornis.

Afin de réduire l’impact de l’insecte sur les populations d’oiseaux, une collaboration interinstitutionnelle (actuellement 22 institutions issues de 10 pays) a été lancée. Elle a pour but d’étudier la biologie et l’écologie de cette mouche peu connue. Les travaux de recherche portent également sur le développement de méthodes de luttes efficaces et respectueuses de l’environnement.

L’AIEA a accordé une bourse dans le cadre de son programme de coopération technique à Paola Lahuatte, une collaboratrice de la Fondation Charles Darwin. Celle-ci travaille actuellement dans un laboratoire commun de lutte contre les insectes nuisibles de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l’AIEA à Seibersdorf, en Autriche. Le projet consiste à en apprendre davantage sur les technologies SIT existantes et sur les travaux de recherche menés actuellement concernant la mouche tsé tsé et les mouches drosophiles. «La technique dite de l’insecte stérile est un instrument de lutte éprouvé et très efficace contre les parasites dans le monde entier», a déclaré Paola Lahuatte. «Les directions du Parc national des Galapagos et de la Fondation Charles Darwin sont convaincues que cette méthode, associée à d'autres instruments de lutte, peuvent être utilisés sur l’Île des Galapagos.»

Source

M.A./C.B. d’après un communiqué de presse de l’AIEA du 30 janvier 2020

Restez informé-e!

Abonnez-vous à notre newsletter

Vers l’abonnement à la newsletter

Profitez de nombreux avantages

Devenez membre du plus grand réseau nucléaire de Suisse!

Les avantages en tant que membre