BKW a tranché: Mühleberg sera déconnectée en 2019

BKW SA a décidé de poursuivre jusqu’en 2019 l’exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg (CNM) dans le respect des exigences en matière de sûreté, puis de la déconnecter définitivement du réseau.

31 oct. 2013
Suzanne Thoma, CEO der BKW, a clairement indiqué lors de la conférence de presse du 30 octobre 2013 que le déficit de production induit par l’arrêt de Mühleberg ne pourra pas être compensé par la construction de nouvelles installations de production d’électricité en Suisse. De ce fait, la dépendance de la Suisse vis-à-vis de l’étranger va augmenter dans la mesure où il faudra importer davantage de courant d’origine fossile et nucléaire.
Suzanne Thoma, CEO der BKW, a clairement indiqué lors de la conférence de presse du 30 octobre 2013 que le déficit de production induit par l’arrêt de Mühleberg ne pourra pas être compensé par la construction de nouvelles installations de production d’électricité en Suisse. De ce fait, la dépendance de la Suisse vis-à-vis de l’étranger va augmenter dans la mesure où il faudra importer davantage de courant d’origine fossile et nucléaire.
Source: Forum nucléaire suisse

BKW prévoit de mettre en œuvre plusieurs projets de rééquipement au cours des six prochaines années d’exploitation de la CNM et d’investir au total près de 200 millions de francs dans l’exploitation et la maintenance de l’installation. Sur cette somme, 15 millions seront dédiés à des mesures de rééquipement extraordinaires. Ces dernières concernent notamment l’optimisation du système d’alimentation en eau de refroidissement et du dispositif de refroidissement de la piscine des éléments combustibles. Ainsi, plutôt que de construire la conduite de la Saane envisagée, BKW a imaginé un concept comparable sur le plan de la sûreté technique mais cependant plus simple. L’exploitante prévoit également de poursuivre le renforcement du barrage du Wohlensee. En effet, parmi toutes les mesures étudiées, c’est ce renforcement qui amènera le gain de sécurité le plus important. Ainsi, d’après ses propres indications, BKW ne se contente pas de respecter toutes les exigences légales en matière de sûreté mais va au-delà de la marge de sécurité exigée par l’IFSN.

Les investissements nécessaires à une exploitation à long terme de la centrale auraient été synonymes de coûts élevés pour BKW, des coûts dont l’amortissement n’aurait pas été garanti pour la période d’exploitation restante de la CNM au vu des conditions cadres économiques, réglementaires et politiques. BKW table également sur l’apparition à moyen terme de nouveaux aléas d’ordre technique, économique et politique, non quantifiables et encore peu clairs à l’heure actuelle, qui pourraient entraîner une hausse des risques économiques liés à une exploitation à long terme. En outre, le fait de renoncer à exploiter la CNM au-delà de 2019 libère des moyens financiers et permet à BKW, conformément à sa stratégie, d’investir de manière accrue dans de nouvelles capacités de production ainsi que dans des prestations énergétiques et des produits innovants.

«Les importations compenseront»

Suzanne Thoma, CEO de BKW, a pointé du doigt les conditions difficiles avec lesquelles l’entreprise doit compter: «Les prix bas de l’électricité associés aux perspectives incertaines de reprise ne favorisent pas de manière générale les investissements dans les capacités de production.» En conséquence, même des investissements relativement peu controversés tels que ceux dans l’hydraulique ont actuellement du plomb dans l’aile. BKW est convaincue que le déficit de production annuel de 3 TWh qu’induira la fermeture de la CNM à partir de 2019 ne pourra pas être compensé à temps par de nouvelles capacités de production de l’entreprise en Suisse, car différents facteurs limitent considérablement la création de nouvelles capacités dans notre pays.

En 2012, le groupe BKW a produit et acheté un total de quelque 20 TWh d’électricité. La part de l’énergie nucléaire, contrats d’achat compris, représente ici à peine 30%. La moitié de cette part est produite à la CNM. L’an dernier, la force hydraulique représentait environ un cinquième du portefeuille de BKW, les centrales thermiques 2,4% et les énergies renouvelables 3,0%. En outre, le commerce et la reprise d’énergie de BKW sont chiffrés à environ 9 TWh (46%).

L’ensemble des collaborateurs de la CNM continueront à travailler dans l’installation jusqu’à sa mise hors service en 2019. Aucun licenciement n’est prévu, a précisé Mme Thoma. Le principal objectif est de conserver les spécialistes et le personnel actuellement employés à la CNM pour le reste de la durée d’exploitation de l’installation ainsi que pour les phases de post-exploitation et de désaffectation.

Source

M.B./C.B. d’après une conférence de presse de BKW du 30 octobre 2013

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