La Serbie concrétise son entrée dans le nucléaire
Fin novembre 2024, la Serbie a levé l’interdiction de construire des centrales nucléaires. Depuis, les travaux pour entrer dans le nucléaire battent leur plein. La première phase du programme national serbe pour l’énergie nucléaire sera achevée mi-2027. La construction du premier réacteur devrait être lancée d’ici 2035.

Le groupe énergétique français Électricité de France (EDF) a établi une feuille de route pour le programme nucléaire belge dans le cadre d’une étude préliminaire. Il y compare les technologies de réacteurs et analyse l’intégration des installations dans le réseau électrique. À partir de ce document, le ministère serbe de l’Exploitation minière et de l’Énergie a formulé des questionnements dans le cadre de 18 autres études. Celles-ci doivent aborder notamment le cadre légal et réglementaire, la protection de l’environnement, la formation de spécialistes, ainsi que le développement de chaînes d’approvisionnement. L’approche par étapes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) soutient les pays dans la mise en place d’une infrastructure nucléaire. EDF est chargée de rédiger quatre études. Pour les 14 autres, la Serbie étudie une collaboration possible avec d’autres entreprises internationales expérimentées dans ce domaine.
«Notre objectif est d’avoir achevé la première phase au premier semestre 2027. Nous disposerons alors de toutes les informations nous permettant de prendre une décision fondée sur la poursuite du développement du programme nucléaire», a déclaré la ministre serbe de l’Exploitation minière et de l’Énergie, Dubravka Đedović Handanović. Pour pouvoir choisir une technologie d’ici 2032, la Serbie souhaite posséder les connaissances institutionnelles, réglementaires et professionnelles nécessaires. La construction de la nouvelle centrale sera lancée en 2035.
Le gouvernement serbe perçoit l’énergie nucléaire comme une solution possible pour répondre au besoin croissant en électricité et aux exigences posées à la sécurité d’approvisionnement et à la protection du climat. La ministre considère le développement de compétences spécialisées comme une condition essentielle, et elle salue la création à venir d’une filière de Master en ingénierie nucléaire. «Le programme nucléaire ne peut réussir sans une main-d’œuvre qualifiée indigène», a déclaré Đedović Handanović, qui a aussi estimé que le développement du programme était une «chance à ne pas laisser passer». Les pays dotés de programmes nucléaires auraient également réalisé des progrès dans les domaines techniques et économiques qui y sont associés.
Source
B.G./C.B. d’après un communiqué du ministère serbe de l’Exploitation minière et de l’Énergie du 13 juillet 2026