Stratégie énergétique 2050: prises de position des exploitants de centrales nucléaires

Les exploitants des centrales nucléaires suisses ont eux aussi pris position dans le cadre de la consultation sur la Stratégie énergétique 2050. La tendance de base de la branche électrique et énergétique peut se résumer en une prise de connaissance de l’orientation générale, assortie de réserves de taille par rapport au paquet de mesures proposé. Toujours est-il que les trois électriciens offrent leur soutien dans la mise en œuvre de la stratégie énergétique.

27 févr. 2013

Dans son communiqué de presse, Alpiq se contente de constater que le système énergétique suisse doit être fondamentalement réformé jusqu’en 2050. L’entreprise n’exige pas, mais «admet que cette réforme devra, en temps utile, être avalisée par le souverain. Sur le plan des contenus, elle fait état de «graves lacunes dans la Stratégie énergétique 2050». Elle réclame l’ouverture complète du marché suisse de l’électricité, puisque sans elle, aucun accord sur l’électricité ne pourra être conclu avec l’UE, faisant peser une menace sur la sécurité d’approvisionnement. Si la Suisse fait cavalier seul, elle s’exposera selon Alpiq à de grands handicaps économiques et concurrentiels. Un accord sur l’électricité est par ailleurs indispensable, puisque la nouvelle politique énergétique impose une stratégie d’importation. L’entreprise qualifie de «largement incomplet» ce 1er paquet de mesures. La stratégie énergétique doit impérativement inclure la 2e étape à partir de 2020, assortie de toutes les mesures d’accompagnement qui sont prévues. Alpiq demande de clarifier les incertitudes quant au futur régime d’imposition, à l’accès au système d’échanges de quotas d’émissions, aux subventions entraînant des distorsions du marché et à l’hydraulique. Elle pourra s’exprimer sur l’ensemble des paquets de mesures proposés uniquement lorsque les préalables de la planification et de la sécurité du droit auront été remplis pour tout investissement à long terme. Alpiq craint sinon qu’un important préjudice soit causé non seulement à la branche énergétique, mais également à l’industrie, aux emplois et à toute l’économie nationale. L’entreprise propose de collaborer de manière constructive au remaniement du projet.

Axpo Holding SA entend, elle aussi, collaborer «de manière constructive à la nouvelle orientation de la politique énergétique». Selon des indications fournies par téléphone, l’entreprise attend en contrepartie un projet réaliste qui puisse être mis en œuvre et soit une source de sécurité au niveau de la planification et sur le plan juridique. Axpo reconnaît que notre futur approvisionnement énergétique doit, en l’état, rester garanti sans remplacement du parc nucléaire. «Axpo rejette cependant de grandes parties du présent projet de consultation sur la nouvelle stratégie: la réalisation des objectifs à partir des mesures prévues n’est pas vérifiable et il n’est pas suffisamment fait état des conflits entre les différents objectifs. Pour Axpo, un approvisionnement énergétique sûr, compétitif et consensuel pour la société, est la toute première priorité.

BKW SA confirme dans un communiqué de presse que le groupe soutient les priorités fixées par le Conseil fédéral dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050. Il décèle cependant un important potentiel d’amélioration. Les objectifs d’efficacité formulés par le Conseil fédéral pour les entreprises d’approvisionnement en électricité, qui se concentrent uniquement sur les ventes d’électricité, nuisent à la mise en œuvre de la stratégie. Pour élaborer des mesures judicieuses, il faut opter pour une approche globale. Selon BKW, les objectifs à long terme dans le domaine des énergies renouvelables, de la force hydraulique et de la consommation d’électricité sont très ambitieux. Afin de pouvoir les atteindre, une amélioration des conditions générales est indispensable. L’électricien bernois salue la volonté de simplifier les processus d’autorisation pour les installations de production d’électricité renouvelable, l’ancrage explicite de l’imputabilité des coûts pour la réalisation de systèmes de mesure intelligents, ainsi que la non-limitation, par le Conseil fédéral, de la durée d’exploitation des centrales nucléaires existantes. BKW rejette en revanche la promotion d’installations CCF fossiles par le biais de la rétribution du courant injecté, car elle nuirait à l’efficacité globale du système énergétique.

Source

M.Re./P.V. d’après des communiqués de presse et des renseignements fournis par les exploitants

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